Après une opération assez désagréable sous anesthésie locale, le Dr Diana Hartl, de main de maître, m’a redonné ma voix perdue trois cent soixante cinq jours plus tôt. Un an, jour pour jour, j’ai pu dire, de vive voix, « Joyeux Noël » à mes petits enfants, à mes enfants, à tous ceux que j’aime.
Quel bonheur de voir leur sourire à tous en m’entendant parler comme avant, sans modification. Quel souci en moins de voir les yeux rassurés de mes interlocuteurs soulagés de ne plus devoir faire un effort pour m’entendre ou pour me demander poliment de me répéter. Quelle joie de pouvoir parler normalement au téléphone !
De retour à Aigues Mortes, c’est à nous d’accueillir la famille de notre fille Virginie, son mari Paco, nos petits enfants Clara et Antoine. Tout le monde est heureux et le réveillon se prépare dans la joie, les parties acharnées de crapette rapide et de dominos succèdent aux promenades courtes car il fait très froid. Grasses matinées, bon petits plats sont au rendez-vous. Je suis très attentif au comportement de notre petite chienne fox poils lisses, Effie, qui adore Clara mais qui, en raison de son jeune âge, est un peu brutale pour une petite fille de 4 ans et demie. Le 30 au matin je me mets en colère contre la chienne qui saute trop haut près du visage de Clara. Je crie un peu fort…
Plus de voix… Je me dis que cela va passer. On m’a prévenu qu’il fallait un mois pour que tout se stabilise. Donc pas de panique.
Seulement voilà je n’ai plus de voix, et la joie a disparue. Pire même, comme lorsque j’ai perdu mes cheveux pour la deuxième fois c’est une atteinte terrible au moral…Je ne veux pas me laisser aller au désespoir mais je dois dire que c’est bien tentant. Tout laisser tomber…Avoir supporté ce que j’ai supporté, avoir pris sur moi pour maîtriser ma peur de cette opération à gorge ouverte que je craignais pour en arriver là…
Je viens d’envoyer un mail au Dr Hartl. C’est incompréhensible. En principe l’implant de peut pas bouger…Cela fonctionnait si bien…Il serait tombé ? Où çà ? Je l’aurais avalé ? J’attends sa réponse avec impatience. S’il faut recommencer je le ferai, cette fois, avec plaisir car c’était si bon de s’entendre à nouveau. J’avais même trouvé, avec l’aide de mon fils Nicolas, le moyen de vous présenter oralement mes vœux sur le blog. Il est resté écrit…même si je n’ai pas changé le texte…
Le dernier scan, qui date de ce samedi, évoque de nombreuses nécroses des lésions cancéreuses. Il y aurait donc un progrès mais je reste très fragile des poumons où les infections guettent pour se ruer. Comme pour beaucoup d’entre nous ce n’est pas le cancer qui risque de nous tuer mais toutes les saloperies qu’il aura induites au fur et à mesure.
Cette petite chronique un peu désespérée pour m'autosuggérer et vous dire qu’il ne faut pas céder au découragement mais qu’il faut emmagasiner de l’énergie pour pouvoir supporter ces hauts et ces bas qui sont si durs à gérer, peut-être encore plus que la maladie.
Bon courage à tous.