Aigues
Mortes le 8 janvier 2010
Pli recommandé A.R
Monsieur le Directeur Général,
Je suis déçu et surpris les termes de votre lettre
du 4 Décembre reçue le 10.
En effet vous écrivez plusieurs phrases qui me
posent problème :
« Avant tout octroi d’ATU, l’Afssaps évalue,
aidée d’experts spécialistes de la situation,……alternatives thérapeutiques
éventuelles »
Vos experts
seraient-ils plus « pointus » que le plateau technique de l’IGR ayant
fait l’étude génomique de mon cancer ? Je ne crois pas leur avoir fourni
d’éléments moléculaires (prélèvements, biopsies) leur permettant d’apprécier
l’efficacité de telle ou telle molécule sur mon cancer.
Plus loin :
« aussi au vu d’une part des éléments transmis
par le Dr Jacot..….le rapport bénéfice/risque de l’utilisation de Zolinza dans
cette pathologie n’a pas été jugée favorable… »
Pas jugée
favorable par qui, sur quelles bases, ou tentez vous de me mettre en garde
contre le Dr Jacot et le
Professeur Soria qui tenteraient, à mon insu, une expérience dont le rapport
bénéfice/risque serait négatif et risquerait de me tuer ? Votre
sollicitude me comble.
Plus loin :
« ce d’autant qu’il existe une solution
alternative de traitement, l’étoposide,…et dont l’utilisation doit être
privilégiée »
Alors là on
atteint des sommets, « qui, doit être privilégiée », le
laboratoire ? Au nom de quoi, au nom de quel principe, en vertu de quelle
étude ? A ma connaissance il n’y pas d’étude démontrant un apport
significatif de l’étoposide en 8ème ligne thérapeutique dans le
poumon.
« Il existe de nombreux médicaments faisant
l’objet de recherches cliniques en France dans votre pathologie »
Sans doute, mais en 8ème ligne
thérapeutique seuls les essais de phase I sont encore ouverts et la présence
d’une anticoagulation active pour syndrome cave traité et circulation veineuse
collatérale rend mon inclusion impossible dans ces essais
Je crois que vous ne comprenez pas, que bien
au-delà de mon cas personnel, il serait temps que l’Afssaps cesse de
doubler le travail de recherche des experts de terrain en s’octroyant un droit
de veto purement administratif sur des résultats incontestables des études
scientifiques les plus « pointues » et les plus récentes. La médecine moderne est entrée
dans l’ère de la génétique alors que l’Afssaps en est encore à privilégier
telle ou telle molécule de son choix pour des motifs obscures.
J’ai transmis la copie de votre lettre à différentes
instances et cela me vaut beaucoup de soutiens et quelques mises en garde et
menaces auxquelles, vous vous doutez bien, que compte tenu de ma maladie,
j’accorde fort peu d’importance.
Et puisque
l’article L.5121-12 du code de la santé publique relatif au ATU vous permet
d’autoriser une mise à disposition exceptionnelle, je vous demande donc d’agir
dans ce sens.
Je tiens à vous informer que si cette molécule
n’avait pas sur mon cancer, malgré les résultats de l’étude génétique, les
résultats escomptés, je me suis d’ores et déjà engagé sur l’absence de tout
recours juridique envers qui que ce soit.
Par contre si je devais décéder avant d’avoir pu
bénéficier de cette molécule ne serait-ce qu’à titre d’essai, j’ai donné toutes
les instructions pour que ma famille vous poursuive à titre personnel puisque
l’article L.5121-12 vous donne ce pouvoir exorbitant de droit de vie et de mort
sur des malades pris en charge par les instances les plus performantes de ce
pays en matière de cancérologie.
Dans l’attente de votre réponse, que j’espère plus
rapide que la précédente, je vous prie de croire à l’assurance de toute ma
considération.
Copies : Mr Nicolas Sarkozy
Président de la République
Madame
Roselyne Bachelot Narquin
Ministre de la Santé
Professeur J.C. Soria IGR
Dr Hervé
Boissin
Expert près la Cour d’Appel de Paris
Expert agréé par la Cour de Cassation
Maître
Frédérique Pons avocate
Madame Marina Carrère d’Encausse
Magazine de la santé (la 5)
Monsieur Jean Marimbert
Directeur Général de l’Afssaps
Bien entendu, je n'ai pas de réponse à ce jour!