Je me suis
souvent demandé pourquoi il y avait toujours autant de gens admiratifs de
Napoléon Ier alors que ces détracteurs fustigeaient son action et les millions
de morts qu’elle avait entrainé.
Tout a été écrit sur les raisons qui ont amenées l’Empereur
à se voir quasiment offrir le pouvoir alors qu’il n’avait pas encore
grand-chose à son actif.
Mais il avait déjà montré plusieurs qualités incontournables
pour devenir un grand homme. En tout premier lieu une vision de ce que devait
être la France et un sens aigüe de la politique. Ces qualités n’auraient rien
été si elles n’avaient pas été servies par deux autres atouts
fondamentaux :
Le courage et le sens de la stratégie.
Il a aussi su jusqu’aux derniers jours écrire, organiser,
codifier, mettre en forme les fondements de la société sur beaucoup desquels
nous vivons encore. Présent partout, il s’est occupé de tout, souvent dans les
moindres détails et c’est cette polyvalence attentive qui lui a valu l’estime
et souvent l’amour de ses contemporains.
Il y a aujourd’hui, et tout particulièrement en cancérologie
qui est une discipline exigeante et pas des plus rémunératrices, des médecins, qui à l’instar
de Napoléon, sont des stratèges. Ils sont donc courageux car comme tous les stratèges
ils ont raison avant les autres c’est à dire qu’avant même d’avoir entamé le
combat il doivent faire face à une coalition de détracteurs qui souhaitent leur
défaite pour la seule gloire d’avoir raison. Ces médecins mènent leurs armées
de malades combattants en leur proposant le combat, en faisant ainsi des
malades et non pas des patients
qui attendent patiemment la mort. Ils font en sorte que mourir les armes à la main n’est pas pour
leurs malades une défaite mais une petite victoire qui va aider d’autres
malades à mieux se battre une foi la stratégie induite affinée.
Tout cela ne peut se faire que si les troupes (les malades)
sont consentantes. Je suis un partisan farouche de la signature d’un contrat de
consentement éclairé signé même à l’insu de la famille (ce serait dommage) et
si possible en pleine connaissance de cause avec la famille informée, avisée,
dûment au fait des risques encourus. (Une arrière garde attentive et efficace)
Je fais partie d’une famille antimilitariste dont le grand-père
maternel, à peine marié en 1914, était parmi les premiers engagés volontaires.
Quand à mon père, il passait très tôt et très jeune la ligne de démarcation
pour rejoindre les «Chantiers de Jeunesse » du Maréchal Pétain en Afrique
du Nord afin de devenir officier des affaires indigènes et de faire une guerre
incroyable à la tête de ses goumiers marocains.
Pouvais-je décemment à leur suite n’être, que comme le
mouton du sacrifice, le patient prêt pour les soins palliatifs ? Cela
aurait été trahir leur mémoire ou pire, celle de leur courage !
Alors, combattants du cancer, restez groupés derrière vos
stratèges, suivez en connaissance de cause (c’est à dire si vous avez
confiance) leur stratégie et participez à la victoire le plus longtemps
possible.
Si vous n’avez pas confiance, changez de stratège !
Sans états d’âme, sans hésitation. Il y va de votre vie.
J’ai mon Napoléon et tant que je lui ferai confiance je n’ai
aucune raison de trahir. Mais si je me sens trompé, il n’y aura pas d’hésitation,
je changerai d’armée.